version beta 1.0

Le père de Gracile
par Stéphane Defoy





Une production de
Les films du Tricycle

Une réalisation de
Lucie Lambert

Pays
Québec

Durée
80 minutes

Avec les acteurs
Érika Desbiens,
Marcel Réhel

Genre
Fable documentaire

Sortie en salle le
11 février 2005

Nom de la salle
Cinéma Ex-Centris

Coordonnées de la salle
3536, boul. Saint-Laurent

Le site de la salle
www.ex-centris.com




Le père de Gracile

par Stéphane Defoy


Une jeune fille de dix ans, conduite par ses rêves d’enfant, entreprend un voyage dans le nord du Québec à la recherche de son père disparu. En cours de route, la petite Gracile croisera sur son chemin des hommes qui lui livreront les secrets de leurs blessures intérieures.

Le père de Gracile : sorte de road-movie existentialiste, docu-fiction qui allie poésie et réalité à l’état brut. Le film de Lucie Lambert propose l’exploration d’un monde d’hommes (pour qui la vie rime avec travail) par le regard d’une enfant curieuse et allumée. Tout comme les personnes rencontrées chemin faisant, Gracile (merveilleuse Érika Desbiens, comédienne non professionnelle) est en quête de sens. À travers ce voyage initiatique, elle cherche des réponses de la part de ces hommes qui jouent, chacun leur tour, le rôle du père absent.

Après une mise en contexte à l’onirisme forcé, Le père de Gracile prend littéralement son envol lorsque l’héroïne échoue dans un camp forestier de la Côte-Nord où elle partage le quotidien de camionneurs et de travailleurs de machinerie lourde. C’est à ce moment que la portion documentaire intègre une proposition cinématographique jusque là incertaine. Lambert connaît la chanson : elle s’est déjà commise dans quelques portraits de personnages attachants (Madame Arthur).

Passage aux aveux
Prendre le commun des mortels et l’amener à se livrer à la caméra sans réticence et sans fausse pudeur représente un tour de force. Force est de constater que la réalisatrice maîtrise à la perfection l’art de la confidence sur pellicule. Un naturel désarmant ressort de chacun des hommes rencontrés lors de chaque escale de Gracile. C’est d’ailleurs à travers cette magnifique fusion entre l’enfant et l’homme de labeur, s’opérant sous nos yeux, que s’installe la véritable dimension poétique du film. Il apparaît superflu d’en rajouter avec des textes plutôt vaseux livrés en voix off. Ainsi, la trouvaille de Lambert est d’avoir pu immiscer une petite fille dans des univers fortement masculins… une initiative ayant pour effet d’ouvrir le cœur de ces messieurs aux mains grosses comme des pattes d’ours. Confessions sans apparat qui ne peuvent faire autrement que de toucher profondément la corde sensible… livrées dans des paysages somptueux captés par un directeur photo (Serge Giguère) inspiré par les grands espaces et discret comme une souris au contact de ces hommes aux parcours différents.

**image2** Sinon, s’ajoute au film un lyrisme un peu boiteux qui alourdit l’ensemble. Puisque cette fable documentaire se déroule dans le nord du Québec (plus précisément sur la Basse Côte-Nord), les sempiternelles traditions ancestrales autochtones sont au rendez-vous ; une intéressante intégration au récit dans la mesure où on ne nous sert pas cette même soupe chaque fois que l’on quitte les centres urbains pour faire le plein de grands espaces forestiers… Enfin, la finale qui présente la rencontre entre Gracile et son vrai père semble tellement organisée avec le gars des vues qu’il faut faire de gros efforts pour y croire sans un brin froncer les sourcils.

En dépit de quelques maladresses, il ne faut pas bouder Le père de Gracile. Voilà un ovni dans notre paysage cinématographique québécois sclérosé dans son obsession d’amuser un public conditionné par la multitude de vues américaines qui déferlent sur nos écrans. Le père de Gracile propose un pari audacieux… en grande partie réussi. Des rencontres magnifiques, un voyage inspirant.

L'ensemble de la production, de la diffusion et de la consommation des produits de l'esprit créateur humain dans le domaine des arts et des connaissances.



Alexandre Goyette -- King Dave

Paul Ahmarani, comédien à chanteur

Marie Vallée et Héloïse Rémy, Sœurs de sens




Le parcours hétéroclite de Francis Ducharme

David Lahaye, d’acteur à producteur

Les apprentis drag queens







 




voo.ca au démarrage  I   voo.ca à mes favoris  I voo.ca à un ami  I  contact  Copyright 2007 © VOO.CA